Mémoire

Le poids public

Le poids public

Beaucoup se souviennent encore du pont à bascule qui existait sur la place publique et joignant le perron de l’église.
Celui-ci avait été aménagé en 1885 par acte du 1er juin. La force de la bascule était de huit mille kilos. Les droits de pesage étaient à cette époque, fixés sur les bases suivantes:
– dix centimes par mouton et cinquante centimes par pesée de tout lot au-dessus de cinq moutons.
– vingt cinq centimes par veau et porc et cinquante centimes par pesée par lot de deux et au-dessus quel qu’en soit le nombre.
– cinquante centimes par génisse, vache, taureau, bœuf.
– cinquante centimes par charge au-dessus de deux mille kilos et vingt cinq centimes par mille kilos en plus.

Quand j’étais tout bambin

Je voyais cette femme « la Lucie C.. », chaque jour aller de confiance
A la source Saint-Marcel où elle puisait , depuis toujours, je pense !
Quand la commune amena l’eau aux « pompes » du village,
Elle la négligea, quoique pure, venue de plus haut que les pacages.
Et son broc à la main, elle descendait, non loin du cimetière, à la source Saint-Marcel,
Quérir sa ration quotidienne, pour elle plus précieuse que le sel !

Incendies

Le 7 avril 1880, un commencement d’incendie s’est manifesté dans une maison appartenant au sieur Sanlaville, marchand, qui était parti de grand matin avec sa femme pour se rendre au marché de Beaujeu. Un voisin s’aperçut à temps que le feu s’échappait du magasin, il appela au secours, et, avec l’aide des voisins, on parvint à préserver la maison.

Un incendie a détruit dans la nuit du jeudi 27 octobre 1887 la maison d’habitation et la scierie de monsieur Corcelette, cultivateur à Poule.
Les pertes s’élèvent à 7000 francs.

Le 15 juillet 1889 un violent incendie s’est déclaré à Poule, village du Beaujolais. Quatre maisons appartenant aux nommés Lafay, Désigaux, Gome et Lafond, ont été complètement la proie des flammes malgré la rapidité des secours. Les meubles et les bestiaux ont pu heureusement être sauvés. Les pertes, couvertes par les assurances, dépassent 30 000 francs. Les causes de ce sinistre sont accidentelles.

Cinquante centimes

Vers les années 1900 les hivers étaient rigoureux et ainsi l’activité aux Écharmeaux était bien réduite pendant cette période de l’année. Ceci laissait du loisir à nos deux aubergistes qui, chaque jour, se retrouvaient pour jouer au « cinq cents » jeu de cartes qui était à la mode à cette époque et qui se jouait à deux.
Ils se retrouvaient donc régulièrement, une fois chez l’un, une fois chez l’autre. Celui qui allait chez son voisin payait « son pot » qui coutait à l’époque 50 centimes, et son compère mettait la pièce dans sa poche. Aussi, le lendemain, il pouvait, lui aussi « payer son pot », car il avait la pièce toute prête dans sa poche.
C’est ainsi que la même pièce de 50 centimes permettait de boire un pot par jour pendant tout l’hiver !

Le téléphone

Comme chaque année à pareille époque nous recevons l’annuaire du téléphone.
Voici les numéros d’appel et noms des personnes qui étaient abonnées dans notre commune en 1930 :
1 – Fournel, notaire
2 – Chuzeville, hôtel de la Scierie
3 – Perras Claudius, nouvel hôtel
4 – Jugnet-Boyer, hôtel des Écharmeaux
5 – Botton Louis, hôtel
6 – Perras-Faussemagne (Écharmeaux)
7 – Bancillon-Batty, hôtel à Chansayes
8 – Chanrion-Briday aux Écharmeaux
9 – Déal-Botton hôtel de la Gare
10 – Berthilier, boucher
11 – Briday, hôtel à Chansayes
12 – Ducharne, hôtel de la Gare
13 – Gare PLM
14 – Chaffardon, docteur
15 – Philibert, boucher
16 – Vautheret, Gras et Laforge, fabrication de soierie
17 – Longefay, mécanicien autos

Enfin

Enfin

Enfin, à la onzième heure du onzième jour du onzième mois de 1918, il y a de cela plus de 90 ans, la signature de l’armistice mettait fin à cette horrible guerre qui ensanglantait l’Europe depuis plus de quatre ans.
Enfin, sur le front les clairons sonnaient le « Cessez-le-Feu », et dans toute la France les cloches carillonnaient à toutes volées.
Enfin, pour la première fois depuis quatre ans, soldats Français et Allemands pouvaient se regarder sans s’entre-tuer.
Enfin,ce mot est en bonne place dans le début de la lettre qu’un « poilu » de notre commune envoyait ce jour là à son frère.

Un avion s’écrase contre la montagne

Plan du lieu de l'accident

Le 17 juin 1944, vers 7 heures du matin, un avion se présentait à trés basse altitude au dessus du hameau de Chansaye. Quelques instants plus tard il percutait la montagne dans le massif boisé de la roche d’Ajoux à deux kilomètres plus loin. Il s’agissait d’un appareil militaire allemand bi-moteurs, qui venait sans doute de Bron pour se rendre à Tours.

La veille un violent orage avait grondé sur la région et la montagne était encore enveloppée d’une épaisse couche nuageuse. L’accident s’est produit à une altitude de 880 mètres environ juste au dessous de la Roche d’Ajoux qui domine à 970 mètres.

 

Quelques pièces du fuselage
Les corps des aviateurs ont été transportés sur un char à bœufs du lieu du sinistre jusqu’à la route à Chansaye.

La population du village a vécu des jours d’angoisse face aux représailles toujours possibles de l’occupant.

Actuellement on ne trouve plus aucune trace de l’avion, les débris ayant été peu àp eu emportés, et aussi dissimulés par les deux tempêtes qui en 1982 et 1999 ont sévi sur la région.

Un excellent article, relatif aux crashs d’avion autour de la Roche d’Ajoux, est consultable Ici
Un autre excellent article, relatif au camp allemand installé à Ranchal est consultable Ici

La foudre

Le 18 juillet 1884 : Elle est tombée sur un bâtiment servant de grange et d’écurie appartenant à monsieur Benoit Ratignier demeurant aux Igauds et a allumé un incendie qui n’a pu être éteint. Les prompts secours qui ont été organisés par les pompiers de la localité n’ont pu que protéger la maison d’habitation.

Les dégâts causés par cet incendie s’élèvent à environ 15000 francs.

Les sapeurs-pompiers

La compagnie des sapeurs-pompiers de Poule date de l’an 1862.
Elle est toujours existante et nous pouvons féliciter et remercier nos pompiers volontaires pour leur dévouement auprès de notre population.

Le battage

La batteuse

Autrefois le blé était battu au fléau (un bon batteur battait 50 à 80 gerbes par jour), mais au début du siècle dernier la batteuse mécanique actionnée par une locomobile à vapeur à fait son apparition (100 à 250 gerbes en une heure). La locomobile était chauffée au charbon et pour éviter qu’une étincelle ne mette le feu à la paille, elle était reliée à la batteuse par une longue courroie.

A cette époque il y avait encore plusieurs fermes dans le bourg. Des artisans et commerçants du village cultivaient un bout de terrain et récoltaient quelques gerbes de blé. C’est pour cela que monsieur Mercier installait son matériel de battage sur la place publique non loin de l’entrée de l’église.

Heureux temps où les gens ne craignaient ni leur peine, ni le bruit, ni la poussière!

Le moulin

Plan du moulin

La journée de battage du blé est passée. Rentré au grenier, le grain qui a été remué plusieurs fois, est bien sec. On peut maintenant le transporter au moulin pour obtenir la farine nécessaire à l’alimentation de la famille ainsi que le son qui servira de nourriture aux animaux de la ferme.
Au siècle dernier il y avait dans la commune deux moulins en activité (un à la Chavanne et l’autre à Lafont). Ils étaient mus par la force hydraulique produite, pour l’un par l’eau de l’Az, pour l’autre par celle de l’Ergues. On savait utiliser l’énergie renouvelable…
C’était grâce à la chute de l’eau sur une roue à aubes (dont un artisan de notre commune était connu et apprécié dans toute la région pour la construction et l’installation) que l’énergie était fournie pour la mise en mouvement de tout le mécanisme du moulin.
La roue du moulin
Avant l’usage des cylindres, le grain était broyé par deux meules en pierre, l’une fixe nommée la dormante, l’autre mobile appelée courante qui tournait à la vitesse de 50 à 60 tours par minute. La qualité de pierre était très importante : trop tendre, son usure était trop rapide, trop dure elle se polissait à l’usage et les grains glissaient trop facilement à la surface.
La France possède à la Ferté-sous-Jouarre (Seine et Marne) une pierre d’excellente qualité. Quel travail, à cette époque, lorsqu’il fallait transporter ces pierres dont le poids est de 4 à 500 kilos, ces meules ayant un diamètre d’environ 7 pieds (1.40 mètre) et 10 pouces d’épaisseur (25 centimètres).

Note : La rivière d’Azergues, présente la particularité d’avoir une double source : l’une à Poule-Les Écharmeaux et l’autre à Chènelette. Ces deux origines se réunissent aux confins de Saint-Nizier et de Lamure au lieu dit « le Gravier ». Certains affirment que le bras venant de Poule s’appelle l’Az, et celui venant de Chènelette, l’Ergues, leur réunion donnant naturellement l’Azergues. Il faut remarquer que toutes deux ont la même origine géographique : le massif d’Ajoux, et ne sont pas très éloignées l’une de l’autre.

Le four à pain

Dans presque tous les hameaux de la commune avaient été construits des fours pour cuire le pain, certains utilisés par une famille, d’autres pour plusieurs agriculteurs.
Le pain était cuit toutes les deux semaines, quelques fois trois. Pour ce faire on avait conservé un peu de pâte de la préparation précédente pour obtenir le levain assurant la fermentation du pain.
La confection du pain portait sur trois jours :
– le premier jour on mélangeait un peu de farine et d’eau au levain,
– le deuxième jour on ajoutait une plus grande quantité de farine et d’eau que l’on remuait bien dans la maie ou pétrin,
– le troisième jour on complétait avec la quantité de farine souhaitée et l’eau nécessaire ainsi qu’un peu de sel. IL fallait pétrir vigoureusement ce mélange a la force des bras. La pâte était ensuite mise dans des corbeilles rondes et on laissait lever pendant deux heures.
Pendant ce temps le four avait chauffé en brûlant des fagots. On constatait que la chaleur était suffisante lorsque les briques de l’intérieur étaient devenues blanches.
Le four était nettoyé ; les pâtons étaient glissés dans celui-ci à l’aide d’une pelle en bois à grand manche. Le four était fermé pour conserver la chaleur.
Une heure plus tard les pains de 5 à 7 kilos étaient sortis du four. Le cultivateur avait alors entre les mains le fruit noble – presque sacré – de son travail et avait satisfait son ambition : assurer le pain quotidien à sa famille.

La cuisson du pain dans les fermes a pratiquement cessé vers les années 1950 après que l’usage de ces fours ait rendu de grands services pendant la guerre.
Aujourd’hui les fours à pain ont presque tous été abandonnés ou démolis. Une part de notre patrimoine a ainsi disparu et c’est dommage.

Le foyer          Le pain

Les semailles

Le laboureur avait repris le manche de la charrue.
Le seigle et le blé étaient vannés au tarare pour éliminer les mauvaises graines et ne conserver que les jolis grains.
Sur le labour on délimitait la largeur d’un sillon (en général 12 raies) à l’aide de quelques brins de paille ou de brindilles provenant d’une haie voisine. Puis le paysan allait accomplir ce que l’on a appelé « le geste auguste du semeur ».
La herse, tirée par des vaches ou un cheval, permettait d’enfouir cette semence dans le sol, cette terre à laquelle on venait de confier l’espoir d’une prochaine récolte.
Le grain germera doucement sous le manteau d’hermine de l’hiver nous offrant l’an suivant le champ et le chant des blés d’or.

Les semailles

Les semailles     Les semailles

Les cartes de rationnement

En raison de la guerre et de l’occupation de notre pays en 1940, par l’armée allemande, des restrictions de toutes natures apparaissent.
Ainsi des cartes de rationnement furent mises en circulation, visant à établir une répartition équitable des produits entre tous.
La première carte, qui concerne les produits textiles, fut établie au 1er juillet 1941. Un mois plus tard, ce fut la carte de tabac, puis vint celle de l’alimentation. Les produits tels que : le beurre, le fromage, le café, le riz, le pain, la viande, ect. ne sont plus en vente libre mais vendus uniquement contre des tickets correspondant à la carte délivrée chaque trimestre par la mairie.
Les attributions étaient différentes selon que l’on était titulaire d’une carte E (moins de 3 ans), J1 (3 à 6 ans), J2 (6 à 12 ans), J3 (13 à 21 ans), A (adultes de 21 à 70 ans), T (adultes se livrant à des travaux pénibles), V (les plus de 70 ans).
Quelques exemples de rations pour la carte T : pain : 240 grammes/jour, viande : 180 grammes/semaine, fromage : 40 grammes/semaine, pâtes : 250 grammes/mois, café : 60 grammes/mois, riz : 200 grammes/mois.
On arrivait à se débrouiller pour augmenter les rations : pour le café, en grillant des glands ; les fumeurs cultivaient quelques plants de tabac dans leur jardin ; le topinambour et le rutabaga remplaçaient souvent la pomme de terre. Il y avait aussi le troc et malheureusement le marché noir.
Le rationnement alimentaire n’a pris fin qu’en 1949, soit quatre ans après la fin de la guerre.

Carte de rationnement          Carte de rationnement

Le Baron Antoine de Chandieu

Baron de Chandieu

Noble Antoine de Chandieu (1534-1591), était seigneur de Poule, Propières et Chabottes en Maconnais.
Il fut un savant de son époque. Pasteur de l’Église de la réforme, il dut s’exiler en Suisse, mais il aimait son château des Fougères à Poule. Le 22 septembre 1570 il écrivait: « Je quitte Lauzanne pour mon chez moi », et le 19 décembre 1584 il note dans son journal :  » j’ai trouvé des violettes de mars au jardin de Poule ».
Il a laissé de nombreux écrits : Voici l’un de ses poèmes :

Quand on arrêtera la course…

Quand on arrêtera la course coutumière
Du grand courrier des cieux qui porte la lumière,
Quand on arrêtera l’an qui roule toujours
Sur un char attelé de mois, d’heures, de jours,
Quand on arrêtera la nuit par le vide des cieux
Décochant contre nous les longs traits de ses yeux,
Lorsqu’on arrêtera l’inconstance du Monde.

Antoine de Chandieu

C’est grave, docteur ?

Oui, sans doute, pour que cet homme se trouve contraint d’appeler le médecin.
Le docteur Voulet a dû se rendre deux jours de suite, les 23 et 24 août 1898, au chevet du malade. Le prix à payer pour ces deux visites, s’élève à 16 francs. Le docteur a également effectué deux saignées pour lesquelles il a demandé 10 francs.
Il a aussi fallu s’acquitter du montant de l’ordonnance suivante : 30 sangsues : 12 francs, une purgation scammonée : 0,75 franc, de l’eau sédative 3 fois : 3 francs, sinapismes : 2 francs, une potion : 3 francs et de l’eau de vie allemande : 0,75 franc.
Notre homme a ainsi dépensé la somme importante de 47.50 francs.
Bien entendu : pas de remboursement possible. Et de nombreuses gens étaient si pauvres qu’elles payaient leurs visites en nature, au fur et à mesure de leurs possibilités.
Plaignons-nous !

Les lunettes

Je suis si altéré par l’âge que sans ces lentilles appelées lunettes, je ne serais plus capable de lire ou d’écrire.
Les premières lunettes datent du XIIIème siècle, mais il a fallu plusieurs siècles avant qu’elles ne fassent partie de notre quotidien.
Aujourd’hui nous avons tous la possibilité de consulter un ophtalmologiste et un opticien pour avoir des lunettes adaptées à notre vue.
Il y a peu de temps que ces professions sont exercées dans notre environnement proche. Aussi dans la première moitié du siècle dernier lorsque le besoin de lunettes devenait nécessaire il fallait alors voir mademoiselle Marguerite qui habitait aux Écharmeaux. Elle en avait toujours un plein carton et il suffisait d’en essayer un certain nombre pour acheter celles qui paraissait apporter le meilleur résultat. Et lorsque les deux yeux n’avait pas la même vision il fallait bien s’accommoder de l’à peu près.

La rage de dent

Outils de l'arracheur de dent

Si les spécialistes des yeux n’étaient pas présents dans nos campagnes, il en était de même des dentistes, … et pourtant le mal de dent existait bien et faisait beaucoup souffrir.
Heureusement il y avait dans chaque village des gens, souvent des agriculteurs, ayant pour « diplôme » une bonne poigne et une absence de sensibilité, et que l’on se décidait à rencontrer après quelques semaines de patience et de souffrance.
Celui que vous aviez décidé de rencontrer vous demandait d’ouvrir la bouche, et, muni d’instruments rudimentaires, vous affirmait qu’il ne vous ferait pas mal. De là l’expression : menteur comme un arracheur de dents !
Mais la douleur était bien présente et pour calmer celle-ci il vous offrait une bonne rasade de « gnole ». Il vous en coûtait une pièce de cinquante centimes et vous rentriez chez vous avec une bouche endolorie et la dent dans la poche.
Et chacun repartait à son travail…

Le charron

Au siècle dernier nous avions au moins trois ateliers de charron en activité dans notre commune. Le travail des charrons consistait à fabriquer et assurer l’entretien des chars et tombereaux nécessaires au travail des agriculteurs.
Les outils utilisés par le charron étaient les scies à refendre, à chantourner, égoïne, riflard, varlope, bouvet,ciseau à bois, gouge.
Dans notre région le charron utilisait toujours le frêne qui est un bois dur et souple. La fabrication des roues était un travail qui nécessitait une grande dextérité et expérience du métier. Ayant choisi un bois de grande qualité, celui-ci commençait par façonner le moyeu. Ensuite il le perçait en son centre pour assurer le passage de l’essieu. Puis tout autour du moyeu il creusait autant de mortaises que la roue comportera de rayons. Il fallait ensuite confectionner les rayons et les jantes. Les rayons étaient engagés dans le moyeu et les jantes dans les rayons.
Après avoir été préparé, le bandage en fer avait été chauffé puis amené sur la roue placée à plat sur le sol. Ayant été emboîté, ce bandage, sous l’effet du retrait, donnait à la roue une solidité à toute épreuve.
Restait la fabrication des différentes parties du char qui nous étaient plus connues sous les noms patois : le kré, la bréssire, l’étsamé, l’ékreme, les dérézes, le pintro…

Le sabotier

Jusqu’au milieu du siècle dernier le sabot était la chaussure de tous les paysans de notre village : hommes, femmes, enfants.
Le sabotier taillait les sabots dans du bois de bouleau ou de noyer, le bouleau avait l’avantage d’être un bois plus léger que le noyer, mais ce dernier était plus dur, ce qui permettait un usage plus prolongé.
Notre sabotier avait d’abord coupé la bille de bois en longueurs variant suivant la pointure (exprimée en pouces) des sabots qu’il voulait fabriquer. Le bloc de bois choisi est ensuite équarri sur le billot à l’aide d’une hache large, puis le façonnage du sabot se poursuivra par l’usage du paroir dont il sait habilement se servir, le paroir étant une grande lame tranchante fixée par sa pointe sur un chevalet. Le sabot est ensuite creusé à l’aide de la tarière et de la cuillère puis fignolé à l’aide de la rénette. Une fois terminé le sabot était vernis s’il devait être porté le dimanche.
Depuis des années on ne porte plus les sabots : les paroirs, tarières, cuillères, rénettes s’en sont allés …

Les artisans de notre village

Les artisans

Voici la liste des artisans en activité dans notre village tel qu’ils figurent sur le  » bottin » de l’année 1906.
Boucher : Mercier, Perrier.
Boulanger : Botton, Cinquin.
Bourrelier : Poissant.
Charpentier : Labrosse, Thion, Trichard, Vermard.
Charron : Desthieux, Philibert, Bonnefont, Simonet.
Coiffeur : Beaupertuy, Jonard.
Effilocheur : Corcelette.
Machine à battre : Aligne et Béroujon, Mercier, Longefay et Déal, Auray et Gouillon, Dupuis.
Lapidaire : Mercier.
Maréchal-ferrant : Lafond, Lamure, Bonnefont, Pardon, Rotheval.
Maçon : Bourdeix, Desbat, Philibert.
Matelassier : Mme Mercier, Desmonceaux.
Menuisier : Boland, Goyne, Lafont et Mercier, Pardon.
Meunier : Aubonnet, Chuzeville, Corcelette.
Patissier : Poncet
Platrier-peintre : Antoniotti.
Sabotier : Beaupertuy, Lafont, Sanlaville.
Scierie : Aubonnet J, Aubonnet P, Auray, Chuzeville, Corcelette, Dufour, Geoffray.
Tailleur : Aligne, Ballandras, Desclut.
Tailleur de pierres : Chollet aux Écharmeaux.
Tailleuse : Mmes Ballandras, Pardon, Vacheron.

Les commerçants

Hôtel de la Gare

Le « bottin » de 1906 nous indique aussi quels étaient les commerçants qui exerçaient leur activité dans notre commune à cette époque.
Bestiaux (marchand de) : Auray, Bancillon, Genevois, Longefay, Mazille.
Bois (marchand de) : Auray, Aligne, Chuzeville, Déal, Desmonceaux, Dufour, Dupuis, Longefay, Prothery.
Café : Minot, Goujon, Vornay à la gare.
Charbon (marchand de) : Déal, Perras.
Coquetier : Chabanon J.
Epicier : Chabanon, Chuzeville, Gonnet, Longefay M, Troncy C, Troncy J, Molette aux Écharmeaux, Rochard à Chansaye.
Ferronnerie : Champale, Rotheval.
Horloger : Mauriaud aux Écharmeaux.
Hôtel : Batty, Botton A, Botton F, Chanrion au Prunier, Cinquin, Déal à la Gare, Dupuis à la Scierie, Genevois à Chansaye, Jugnet aux Écharmeaux, Lavenir à Lafont, Philibert, Perras J, Rochard, Sanlaville, Vermard.
Vins en gros (marchand de) : Brosette, Chanrion F.

La légende

Par delà les Écharmeaux, il existe un chemin appelé: l’allée des foyards. En bordure de ce chemin, il y a de très grosses pierres.
Il y a bien longtemps de cela, mais les anciens du pays en content encore l’histoire, une bergère rentrant son troupeau, de son « paquis » vers l’étable aurait été attaquée par des loups, qui en ce temps-là, hurlaient encore dans la montagne. Notre bergère a eu la vie sauve grâce à la présence et la combativité de son chien et de ses vaches qui ont réussi à faire fuir les bêtes sauvages.
Là où cette mésaventure s’est produite on pouvait remarquer sur une très grosse pierre plate les empreintes de la pointe du bâton de la bergère et aussi celles d’un pied de cette personne, celui d’un bœuf et aussi de son chien.
Malheureusement depuis la tempête de 1982 qui a tout bousculé, on n’a pas retrouvé trace de cette pierre.