L’hôtel Jugnet

L'ex Hôtel Jugnet en 2010

Aux XVIIIe-XIXe siècle le Haut Beaujolais était déjà réputé pour le bon air des sapins que les lyonnais venaient respirer…
C’est ainsi que les hôtels ont fleuri dans la vallée d’Azergues et au col des Écharmeaux qu’empruntaient les diligences puis les voitures particulières et le train : Au col des Écharmeaux, l’Hôtel Jugnet également relais de poste, l’Auberge des Écharmeaux, l’Hôtel de la Scierie et l’Hôtel des Nations (d’abord Nouvel Hôtel) ; ainsi que l’Hôtel Bancillon à Chansaye, celui de la Gare construit lorsque le train arriva dans la région.
Tous ces hôtels ont accueilli de nombreux voyageurs de passage et surtout des pensionnaires qui séjournaient les mois d’été.
Certains existent toujours mais d’autres sont devenus restaurants seulement ou ont été transformés en habitations. Ce sont les chambres d’hôtes et les gîtes d’étapes qui depuis une vingtaine d’années ont pris le relais de ces hôtels.

Hôtel Jugnet

L’Hôtel Des Voyageurs (Jugnet-Boyer) au Col des Écharmeaux, relais de poste avant 1900.

L'Hôtel Jugnet à la fin du XVIIIe siècle     L'Hôtel Jugnet au début du XIXe siècle

Avant que le chemin de fer remplace les diligences dans le Beaujolais avant 1900, le Col des Écharmeaux (712m) où se croisaient cinq services de voitures fut longtemps synonyme de terreur pour les voyageurs qui empruntaient la fameuse diligence « la Charolaise » partant de Lyon, quai de Bondy.
Là, ils attendaient le coche en se racontant les histoires d’arrestations des voitures à cheval par les voleurs des Grands Bois des Écharmeaux, les longues stations probables dans la neige sur une route souvent impraticable.
Les postillons chargeaient la diligence à des hauteurs invraisemblables et vertigineuses, emplissaient les coffres du courrier des envois recommandés. On vérifiait l’amorce des pistolets, à portée de main du cocher et on partait au cliquetis des fouets et du tintement sonore des grelots…
Cette vivante description de Berlot-Prancdouaire en 1904 relate bien l’expédition que représentait un tel voyage.
Le relais de poste du col, l’Hôtel Jugnet-Boyer accueillait les passagers, tandis que les postillons se reposaient à même la cuisine !
Tous les jours 200 à 300 kg de dépêches et colis arrivaient pour être distribués dans les environs. Suite à une pétition initiée par le poulon et sabotier-sculpteur Jean Molette, auteur du Napoléon qui trône au rond-point du col, la poste fut installée aux Écharmeaux.

L’Hôtel Jugnet est transformé en colonie de vacances dans les années 1980. Daniel Forest mentionne que c’est dans les années 1950-1960, après la mort de Monsieur Pétrus Jugnet, mais du vivant de la seconde Mme Jugnet, que l’hôtel est transformé en colonie de vacances. A cette époque, Mme Veuve Jugnet exploitait encore une petite ferme dans un bâtiment voisin.
Puis dans les années 1980, il devient une maison de retraite et c’est aujourd’hui une habitation inoccupée.

L'Hôtel Jugnet     L'Hôtel Jugnet

L'Hôtel Jugnet     L'Hôtel Jugnet

Témoignage

Anne FIMBEL

La sculpture de Jean Molette sur la façade

Anne Fimbel, guide de pays, montre la sculpture réalisée par Jean Molette qui est placée sur la façade de l’Hôtel Jugnet.
Cette œuvre représente deux mains qui se serrent en signe de bienvenue, soulignées des lettres J pour Jugnet et B pour Boyer.