L’hôtel de La Gare

L'Hôtel de la Gare en 2009

Aux XVIIIe-XIXe siècle le Haut Beaujolais était déjà réputé pour le bon air des sapins que les lyonnais venaient respirer…
C’est ainsi que les hôtels ont fleuri dans la vallée d’Azergues et au col des Écharmeaux qu’empruntaient les diligences puis les voitures particulières et le train : Au col des Écharmeaux, l’Hôtel Jugnet également relais de poste, l’Auberge des Écharmeaux, l’Hôtel de la Scierie et l’Hôtel des Nations (d’abord Nouvel Hôtel) ; ainsi que l’Hôtel Bancillon à Chansaye, celui de la Gare construit lorsque le train arriva dans la région.
Tous ces hôtels ont accueilli de nombreux voyageurs de passage et surtout des pensionnaires qui séjournaient les mois d’été.
Certains existent toujours mais d’autres sont devenus restaurants seulement ou ont été transformés en habitations. Ce sont les chambres d’hôtes et les gîtes d’étapes qui depuis une vingtaine d’années ont pris le relais de ces hôtels.

Hôtel de la Gare

L’Hôtel de la gare, station estivale en 1901.

Gare de Poule

L’histoire de l’Hôtel de la Gare est intimement liée à celle de l’arrivée du train à Poule en 1901, désenclavant la commune de manière notable.
Bénéficiant des avantages de la nouvelle voie ferrée, Joseph Déal, alors âgé de 26 ans ouvre avec sa femme Marie Botton, son restaurant au lieu-dit « le Saut de l’Ane ».

Famille Déal -1901     L'Hôtel de La Gare sous la direction de la famille Déal     L'Hôtel de la Gare

L’établissement est à l’origine du tracé d’une nouvelle route (auparavant simple chemin) et de la création du hameau.
A partir de 1925, c’est l’âge d’or de l’Hôtel-restaurant de la Gare, les touristes gourmets, à l’époque des Années Folles s’y rendent en train. La bourgeoisie lyonnaise se mêle aux artistes et aux bohèmes qui viennent découvrir les œuvres d’art que sont le tunnel et sa cheminée qui culmine à près de 100 m au-dessus du tunnel. Un écrivain lyonnais vantait dans un poème intitulé « Ode à Poule », les charmes de la cuisine de Mme Déal maîtresse dans la confection du poulet à la crème…
Joseph Déal restaurateur s’associe alors au maire de l’époque en fondant une scierie, une entreprise de matériaux de construction, devenant un notable estimé des Poulons.
L’affaire passe ensuite aux mains de Mme Marguerite Abrégal avec la même notoriété, puis la famille De Saint Jean y fait un bref passage.
En 1982, Joël Rude prend les commandes du restaurant jusqu’en 2009, dernière année où l’hôtel-restaurant a fonctionné.
Sylvie Rude se rappelle un repas très spécial puisque celui de son mariage, que Joël avait concocté et qui avait réuni à Saint Igny de Vers les convives (le restaurant de la Gare étant trop petit pour les 170 personnes conviées). Les hommes s’étaient travestis en femmes et inversement, un bon souvenir…
Lorsque le centenaire de l’hôtel a été consacré en 2001, il est devenu salle de spectacle qui accueillait des chanteurs sous l’égide des Cafés historiques européens, nous y avions reçu Nicole Rieu (chanteuse célèbre en 1975 puisqu’elle avait représenté la France au concours de l’Eurovision) et fait salle comble ! Nous avions une clientèle variée : repas ouvrier, menus touristiques… Joël était un amateur de tarot et faisait partie du bureau du Tarot Club de Haute Azergues dont le siège social se tenait dans l’arrière-salle du café. »

Sources : Cafés historiques

Témoignage

Pierre-André TRONCY

Pierre-André Troncy

En vacances d’été dans ma famille au bourg en 1981, j’occupais un job de serveur à l’Hôtel de la Gare tenu par Marguerite Abregal dite « Lolotte ».
Elle savait nous occuper le chef et moi, une fois notre service achevé : outre les écrevisses du vivier situé près de l’établissement qu’elle nous envoyait chercher (le poulet aux écrevisses était sa spécialité), elle nous faisait entretenir les massifs de rosiers ou cueillir les champignons !… qu’elle triait à notre retour, car nous ramassions de tout par malice…

 

 

Sibylle WUILBEAUX SCAMPA

Sibylle Wuilbeaux

Lorsque j’ai servi au restaurant entre 2007 et 2009, nous avions une clientèle variée composée des associations locales : pompiers, Genêts d’Or, conscrits, Réveil de la Montagne, banquets…
Il m’arrivait de donner un coup de main à Joël Rude en cuisine quand il y avait un coup de feu ou bien d’aider Sylvie à faire les chambres mais plus rarement.
Je faisais également un peu de secrétariat lorsqu’un client demandait qu’on lui compose un menu spécial.