L’hôtel Bancillon

L'ex Hôtel Bancillon en 2010

Aux XVIIIe-XIXe siècle le Haut Beaujolais était déjà réputé pour le bon air des sapins que les lyonnais venaient respirer…
C’est ainsi que les hôtels ont fleuri dans la vallée d’Azergues et au col des Écharmeaux qu’empruntaient les diligences puis les voitures particulières et le train : Au col des Écharmeaux, l’Hôtel Jugnet également relais de poste, l’Auberge des Écharmeaux, l’Hôtel de la Scierie et l’Hôtel des Nations (d’abord Nouvel Hôtel) ; ainsi que l’Hôtel Bancillon à Chansaye, celui de la Gare construit lorsque le train arriva dans la région.
Tous ces hôtels ont accueilli de nombreux voyageurs de passage et surtout des pensionnaires qui séjournaient les mois d’été.
Certains existent toujours mais d’autres sont devenus restaurants seulement ou ont été transformés en habitations. Ce sont les chambres d’hôtes et les gîtes d’étapes qui depuis une vingtaine d’années ont pris le relais de ces hôtels.

Hôtel Bancillon

Station estivale avant 1900.
A Chansaye étaient implantés depuis 1850 au moins, deux hôtels, situés pratiquement côte à côte : l’un Bancillon-Rochard, l’autre Briday-Genevois (propriétaires Bouvier-Vilain). Avant que le train n’arrive à Poule en 1900 la diligence qui desservait Chauffailles-Chênelette-Beaujeu-Poule y faisait halte, laissant des clients désireux de se refaire une santé, « sur les conseils des docteurs qui préconisaient aux gens anémiés le repos complet au bon air des sapins »…
Une carte postale représentant l’hôtel Bancillon rapporte vers 1900 : « …nous sommes déjà dix pensionnaires et ma santé s’améliore de jour en jour.. » Les lyonnais, entre autres, venaient en effet soigner leurs bronches aux Écharmeaux et logeaient dans les nombreux hôtels : Poule en compta jusqu’à une quinzaine avant la première guerre mondiale !
Dans le même temps des maisons ont été réparées pour être louées, des villas construites le long des routes ; elles portent encore aujourd’hui les noms évocateurs : Villas des Roses, des Genêts…

L'Hôtel Bancillon     L'Hôtel Bancillon

L’hôtel s’est successivement appelé : Batty-Rochard, Bancillon-Batty, Bancillon-Rochard, Auberge de Chansaye. C’est la dernière appellation qu’a connu le bâtiment en 1987, lorsqu’il fut vendu aux enchères à madame Josie Jeandet.

L'Hôtel Bancillon     L'Hôtel Bancillon

Pendant la seconde guerre mondiale une cache pour les Juifs avait été aménagée dans la cave de cet hôtel (découverte par Mme Jeandet en 1987). Entre 1941 et 1944, l’hôtel voisin devenu logement était un lieu d’internement pour une centaine de juifs avant d’être colonie de vacances comme en témoigne l’inscription encore visible : « Le paradis des enfants ».
Voir l’article relatif à cette période >>> Ici

L'Hôtel Bancillon     L'Hôtel Bancillon

L'Hôtel Bancillon     L'ex colonie Le Paradis des Petits

Témoignages

Gérard BOUVIER

Gérard Bouvier

Mes parents ont pris la suite de Mme Bancillon pendant 28 ans. Au cours des années 1960 à 1970, nous venions avec mon épouse, leurs donner un coup de main le week-end et pendant les vacances.

Après le décès de Mme Bancillon en 1957, l’hôtel est resté fermé pendant un an et demi environ. Afin de garder la licence, ses deux filles venaient ouvrir l’établissement de temps en temps.
Mes parents ont repris l’affaire en 1959 et fait fonctionner d’abord le bistrot ensuite la réparation des chambres a permis d’accueillir à nouveau des pensionnaires. Il y avait toujours des banquets, les conscrits… Tous les dimanches après-midi le jeu de boules, le seul à Poule dans un hôtel-restaurant, fonctionnait à plein rendement et surtout la pompe à essence rendait grand service aux clients locaux et de passage.

Deux souvenirs concernant un service qui n’existe plus :
– Un car de la RSAR qui effectuait le service Lyon / Saint-Igny de Vers s’arrêtait trois fois par semaine au bistrot et servait aussi de messagerie.
– Une ligne quotidienne appelée « la poste » faisait « Thizy / Beaujeu, c’était une petite camionnette de 7 à 8 places, conduite par le père Notin dans les années 1950, transportant passagers et sacs de la poste.

Josie JEANDET

Josie Jeandet

J’ai acquis l’hôtel en 1987 lors d’une vente aux enchères. J’étais seule au bar-hôtel-restaurant, aidée seulement de mon époux (le soir après sa journée de travail et le week-end). Je me rappelle le traditionnel pot-au-feu, confectionné pour la Foire du 11 novembre à Chênelette, je servais jusqu’à 100 personnes ce jour là !
Mais j’avais surtout une clientèle de passage pour les neuf chambres : cyclistes, ouvriers et beaucoup d’étrangers en été, je n’hébergeais plus de pensionnaires comme auparavant.

En 1993, faute de pouvoir effectuer une mise aux normes de l’auberge, j’ai dû vendre et le bâtiment a été transformé en appartements par la suite… »

André BEROUJON

André Béroujon

Mes parents habitaient près de l’hôtel et monsieur Bancillon faisait « taxi » ; en 1937, il a conduit ma mère à la maternité, seulement je suis né dans sa voiture… son épouse m’appela alors familièrement « le taxi » chaque fois qu’elle me voyait…

J’avais 7 ans lorsque le 17 juin 1944 vers 7 heures du matin, un avion allemand s’est crashé dans la montagne à 2 km de là ; l’hôtel hébergea une partie des soldats allemands venus chercher les sept corps et les armes, l’hôtel de la Scierie logeant l’autre partie.

Ludger MICHAUD

Menu du 1er octobre 1910

C’est en triant de vieux papiers que monsieur Ludger Michaud a retrouvé un menu de l’hôtel Bancillon, datant du 1er Octobre 1910. Il s’agit du repas de mariage de ses grands-parents.