Au fil du temps

XIème siècle

L'église

A l’origine de l’église actuelle, un prieuré bénédictin fut établi au XIème siècle et placé sous la protection de Saint Mayeul, abbé de Cluny (1056). L’abside voûtée en cul de four est ornée à l’intérieur d’une arcature supportée par des colonnettes aux chapiteaux ornés de feuillages. C’est la seule partie romane de l’édifice tel que nous pouvons le voir aujourd’hui.

1272

Le tombeau

Depuis l’an 1000, les seigneurs de Fougères régnaient sur la commune de Poulle où ils possédaient, outre le château, de nombreuses métairies. Cette famille a laissé son nom au château qui existe encore aujourd’hui.
Les seigneurs de Fougères possédaient leur tombeau à l’église, dans la chapelle à droite du chœur. Celle-ci est de style gothique avec de jolis chapiteaux et une fenêtre du plus bel effet. Ce tombeau existe encore avec une épitaphe maintenant presque illisible « Anno domini 1272 die Sanctas Virginis abeit Dominus Robertus de Fougeres, bonae memorise, miles anima e jus requiescat in pace » soit en français : « L’an du Seigneur 1272 et le jour de la Sainte Vierge, mourut le seigneur Robert de Fougères Chevalier de bonne mémoire. Que son âme repose en paix ». Sur cette pierre tombale, on voyait aussi un écusson portant une fougère.

1420

Château des fougères

Il existait, dépendant des sires de Beaujeu, des seigneuries locales. A Poulle, ce fut celle DE FOUGERES. La famille de Fougères, connue depuis le XIème siècle, à la mort de Robert de Fougères, passe par mariage ou testament à la famille de Gléteins, puis, par mariage également, à la famille de Propières. En 1420, Ancelise de Propières épousa Pierre de Chandieu. Le château de Fougères resta propriété de cette famille jusqu’à Livie de Chandieu qui se maria en 1664 à René de Loriol. Plus tard, vers 1730, le château devint la propriété de la famille de la Poype par le mariage de Marie Claude de Loriol avec Louis Claude Marie de la Poype. Dame Marie Claude de la Poype, veuve, émigra pendant la Révolution et trouva refuge en Suisse.

1709

La croix Saint Roch

L’année 1708 avait déjà été mauvaise pour les cultures et, en janvier 1709, le froid fut très rigoureux ; il alla en augmentant de jour en jour. Les récoltes et les bestiaux périrent. Des personnes moururent de faim, puis une sorte de peste envahit toute la contrée. Le curé BOIT écrit avoir, en 13 mois, « ensépulturé » 306 personnes. Les pestiférés étaient ensevelis à deux kilomètres du village où on éleva une chapelle dédiée à Saint Roch. Lors de la Révolution, celle-ci fut démolie puis, sur son emplacement, la croix ci-contre fut érigée par les soins d’un « sieur » Jean-Marie CORCELETTE.

1784

L'église

Au cours des siècles, l’église a subi plusieurs transformations et agrandissements. Elle existe dans ses dimensions actuelles depuis 1784. La nef du milieu est lambrissée avec cannelures tout autour. Elle avait trois rosaces supportant un lustre qui ont été supprimées. Les nefs latérales possèdent des fenêtres cintrées à vitraux datant de 1912.

1819-1889

Notre Dame des Écharmeaux

Jean Molette est né à Chénelette le 7 avril 1819 et ses parents s’installèrent aux Écharmeaux durant son enfance. Il était sabotier et économisait pour acheter la pierre avec laquelle il éternisait ses aspirations religieuses et patriotiques. La plus connue de ses œuvres est la statue de Napoléon Ier commencée en 1852, terminée en 1864. Elle a été placée au centre du rond-point en 1991. Jean Molette sculpta également un Christ en croix qui fut bénite par le cardinal de Bonald, archevêque de Lyon. Cette croix a malheureusement été endommagée par un orage en 1967. On découvre encore une Vierge placée quelques pas plus haut, au mont Joly, une fontaine ornée d’un lion qui crache l’eau par la gueule, à l’entrée de la maison ainsi qu’une statue de Napoléon III sculptée en 1865 et non terminée et diverses autres œuvres. Notre sabotier est décédé en 1889.

La fontaine devant la maison Molette
Napoléon 1er

1859

L'église de Lafont

La vallée de LAFONT, située à l’est de la commune, est très éloignée du village. Compte tenu de cette situation, au milieu du XIXème siècle, les habitants décidèrent, au prix d’énormes sacrifices, de la construction d’une église, d’un presbytère, d’un cimetière et d’une maison d’école. Il semble que ces travaux aient commencé en 1846. Le gros œuvre de l’église fut terminé en 1859. L’école, tenue par les religieuses de Claveisolles, ouvrit en 1861.

1900

Boucle de Claveisolles

Le premier train a circulé à Poule le 1er septembre 1900. Cette ligne de chemin de fer, dite de Givors à Paray-le-Monial a été déclarée d’utilité publique par une loi du 25 juillet 1882. Les travaux ont commencé vers 1890 et le tronçon Lozanne-Lamure fut mis en service le 4 octobre 1895. De Saint-Nizier-d’Azergues à Mussy-sous-Dun, des travaux importants furent nécessaires pour franchir la montagne : à Saint-Nizier, une boucle et deux tunnels permettant à la ligne de s’élever de 50 mètres, entre Poule et Belleroche, un souterrain de 4152 m relie le bassin du Rhône à celui de la Loire ; à Mussy-sous-Dun, existe un viaduc de 561m de longueur ayant une hauteur de 60 m et des fondations de 8 à 18 mètres.
Ce qu’il faut considérer, c’est le formidable travail qu’a nécessité la construction de ces ouvrages à cette époque, tant de la part des ouvriers qualifiés et des simples manœuvres que de celle des ingénieurs. Il est évident qu’on ne disposait ni des moyens de calcul, ni des moyens de travail dont on dispose actuellement.

Entrée du tunnel à PouleViaduc de Mussy sous DunGare de Poule

1912

En 1903, le préfet du Rhône demanda au Conseil Municipal de prévoir une nouvelle école avec deux classes à Lafont car le nombre d’enfants de moins de 15 ans atteignait le nombre de 113.

La population était en augmentation en raison de l’exploitation des mines. L’approbation des plans ne fut effective qu’en 1911.

A gauche, en 1912, les artisans ayant terminé la construction de l’école, posent pour la photo ; à droite, en 1933, l’institutrice et ses élèves.

Ecole de LafontÉlèves de Lafont

1921

Le monument aux morts

Pour honorer ses enfants victimes de la « Grande Guerre », la municipalité de Poule, comme celle de la plupart des communes de France, décida d’élever un monument commémoratif. Une commission placée sous la présidence de Monsieur REISSIER, maire, eut à faire le choix du monument et à rechercher l’emplacement où il serait édifié.
L’inauguration de ce monument eut lieu le 25 septembre 1921, sous la présidence de Monsieur BONNEVAY, ministre de la Justice, assisté de Monsieur LENAIL, député du Rhône. Les cérémonies débutèrent le samedi 24 à 7 heures du soir par une brillante retraite aux flambeaux. La cérémonie du dimanche commença à 8h30 par la réunion des sociétés à la mairie puis, à 9 heures, par un service religieux. A 10 heures, départ du cortège, tour du bourg en fanfare, à 10h30, réception des autorités qui arrivaient au train de 10h40, à 11 heures, inauguration du Monument.
Il fallait voir cette foule émue et recueillie où se mêlaient la tristesse et la joie : tristesse au souvenir de toutes ces souffrances et toutes ces victimes, joie de la paix retrouvée après avoir gagné la « der des ders ».

A 13 heures était servi le grand banquet populaire puis, à 17 heures, le concert donné par les fanfares. Pour certains, les festivités se poursuivirent le lundi. A noter que « l’Echo de la Montagne » de Grandris et la Fanfare de Beaujeu assurèrent l’animation de cette journée, que Monsieur Perras, propriétaire du Nouvel Hôtel aux Écharmeaux, avait proposé pour le banquet et au prix de 10 francs le menu suivant : galantine d’oie à la glace, selle d’agneau régence, petits pois, poulet de grain rôti, bombe bavaroise, whisky, café et une bouteille de vin par personne.
Les « vieux de la guerre de 1870-1871 » au nombre de 14 avaient été invités (Rotheval Claude-Marie, Sapin Louis, Rampon Louis, Thion Pierre, Saint-Didier Joseph, Polosse Bableu, Chuzeville Sénégal, Perrier à Lafont, Dupuis le Valet, Gouillon Louis, Augagneur à Chanrion, Cinquin Joseph, Ducharne Julien, Augagneur Joanny.)

Le monument aux morts     Le monument aux morts     Le monument aux morts

1958

Le gaz de Lacq

De puissants bulldozers surgissent du col des Aillets et traversent la commune sur 9 km jusqu’à la croix de l’Allier. Ces mastodontes « Carterpillar Diesel » de la Société Parisienne pour l’Industrie Électrique vont établir une piste de 12 m de large nécessaire au passage de la conduite du gaz de Lacq. De tels engins effectuent un terrassement impressionnant, poussant comme fétus de paille les masses de terre accumulées devant eux. Tel un énorme serpent, la piste s’allonge, avale une crête, plonge dans la vallée, remonte à nouveau, se perd à l’horizon.
Le tronçon Marcigny-Lyon aborde le département du Rhône à Poule et continue sur Marchampt et Quincié. La pose d’une énorme conduite doit desservir toute la région lyonnaise.
Un second tuyau ayant un diamètre de 400 mm est ensuite posé en 1974.

1962

Tour de France 2003

En 1947-1948 et 1949, notre compatriote Georges MARTIN a effectué le Tour de France cycliste, arrivant une fois premier à la Tour Eiffel.
Le 14 juillet 1962, cette épreuve passe à Poule pour la première fois. Elle conduit les coureurs de Lyon à Nevers en passant par la vallée d’Azergues. Le Tour de France passe à nouveau à Poule en 1964, puis le 11 juillet 2003, lors de la 6ème étape conduisant les coureurs de Nevers à Lyon.

1982 – 1999

Nuits d’épouvante que celles du 7 au 8 novembre 1982 et du 27 au 28 décembre 1999. Notre commune n’a pas été épargnée par ces tempêtes qui ont dévasté plusieurs régions de notre pays. Ce sont des toits arrachés, des lignes électriques et téléphoniques gravement endommagées et surtout des forêts dévastées. Plus on tentait de pénétrer dans la forêt, plus on avait sous les yeux une vision d’apocalypse. Partout, ce ne sont que sapins déracinés ou coupés par le milieu, des zones complètement rasées.
On peut saluer le travail de tous ceux qui, dans des conditions difficiles et dangereuses, ont permis à nos foyers de pouvoir à nouveau bénéficier de l’électricité (que faire lorsqu’on a 30 ou 40 laitières sans l’aide de la machine, se chauffer quand la chaudière ne démarre pas, comment refroidir les congélateurs où les denrées alimentaires menacent d’être inutilisables, faire tourner les usines ou les scieries ?) Quant au téléphone, un peu moins indispensable mais bien utile en cas d’urgence (pour les pompiers par exemple) saluons les équipes de techniciens qui l’ont rétabli le plus vite possible. Tous ceux qui ont œuvré pour dégager les routes et nos chemins de campagne méritent également notre reconnaissance et lorsque la télévision nous montre des cataclysmes semblables ou pires dans d’autres pays que le nôtre, nous revivons ces jours difficiles.

Les forêts saccagées     Les forêts saccagées